Actu fiscale

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05/04/2024

Investir dans un bateau de pêche à La Réunion : un avantage fiscal à la clé ?

Certains investissements réalisés en outre-mer permettent, toutes conditions remplies, de bénéficier d'avantages fiscaux. Devaient être concernés les achats ou constructions de navires de pêche exploités à La Réunion. Qu'en est-il ?

Investissements ultramarins : quand la Commission européenne dit « Oui »…

Il existe actuellement de nombreux dispositifs d'aide fiscale à l'investissement productif en outre-mer (crédits et réductions d'impôt notamment).

La loi de finances pour 2023 a ouvert 3 d'entre eux aux investissements portant sur l'achat ou la construction de navires de pêche, sous réserve qu'ils soient exploités à La Réunion et que leur longueur hors tout soit comprise entre 12 et 40 mètres.

Toutefois, il était prévu que cette extension ne s'appliquerait qu'aux investissements mis en service à compter d'une date fixée par décret... Un texte qui ne pourrait être publié qu'après que le Gouvernement ait obtenu l'accord de la Commission européenne.

Et cet accord a été obtenu ! Le texte tant attendu a été publié le 28 mars 2024. Par conséquent, les investissements mis en service à La Réunion à compter du 29 mars 2024 peuvent ouvrir droit, sous réserve du respect de toutes les conditions requises, au bénéfice de certains avantages fiscaux.

Notez que la Commission européenne a également autorisé, le 26 mars 2024, le Gouvernement français à mettre en place des aides publiques pour financer le renouvellement des flottes de pêche ultramarines (y compris à Mayotte).

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03/04/2024

TVA sur les œuvres d'art et les objets de collection : l'administration se met à jour !

Les biens d'occasion, les œuvres d'art et les objets de collection ou d'antiquité bénéficient d'un régime spécifique en matière de TVA. Mais qu'est-ce qu'un objet d'occasion ? Qu'est-ce qu'une photographie d'art ? Les cartes à collectionner (comme les cartes « Pokémon ») sont-elles des objets de collection au sens de la réglementation fiscale ? Réponses de l'administration…

TVA : c'est quoi un objet d'occasion ?

Lorsqu'il est question de TVA, certains biens bénéficient de règles particulières. C'est le cas, par exemple, des objets d'occasion.

Dans le cadre d'une mise à jour récente de sa documentation, l'administration fiscale vient de redéfinir ce qu'elle entend par « objet d'occasion ».

Selon elle, il s'agit d'un bien usagé ayant conservé les fonctionnalités qu'il possédait à l'état neuf et qui peut être réutilisé en l'état ou après réparation.

Au regard de la réglementation fiscale, sont donc des objets d'occasion :

  • les meubles corporels qui peuvent être réutilisés en l'état ou après réparation, qui proviennent d'un autre bien dans lequel ils étaient incorporés ;
  • sous conditions, les véhicules définitivement hors d'usage acquis par une entreprise et destinés à être vendus « pour pièces » ;
  • les animaux vivants achetés à un particulier (distinct de l'éleveur) après qu'ils aient été dressés pour une utilisation spécifique.

TVA : c'est quoi une photographie d'art ?

Tout comme les objets d'occasion, les œuvres d'art bénéficient d'un régime spécifique en matière de TVA.

À ce titre les photographies peuvent, sous conditions, être assimilées à des œuvres d'art. Mais qu'est-ce qu'une « photographie d'art » ?

Selon l'administration fiscale, il s'agit des photographies prises par leur auteur, tirées par lui ou sous son contrôle, signées et numérotées dans la limite de 30 exemplaires (tous formats et supports confondus), à l'exclusion de tout autre critère.

Il n'appartiendra donc pas aux autorités d'apprécier le caractère artistique d'une photographie pour que celle-ci puisse être qualifiée de « photographie d'art » !

TVA : c'est quoi un objet de collection ?

Au sens de la réglementation communautaire, un « objet de collection » est un objet qui répond à 2 conditions cumulatives :

  • il présente les qualités requises pour être admis au sein d'une collection : il peut s'agir d'un objet rare, d'un objet qui n'est pas normalement utilisé conformément à ce pour quoi il a été conçu, d'un objet d'une valeur élevée et hors du commerce habituel, etc. ;
  • il présente un intérêt historique ou ethnographique.

La réglementation fiscale française indique que sont des objets de collection les biens d'occasion suivants :

  • les timbres-poste ou analogues (entiers postaux, marques postales, etc.), les enveloppes premier jour, les timbres fiscaux ou analogues, oblitérés ou non, n'ayant pas cours ni destinés à avoir cours en France ;
  • les timbres ayant cours ou valeur d'affranchissement en France et vendus à une valeur supérieure à leur valeur faciale ;
  • les collections et spécimens pour collections de zoologie, de botanique, de minéralogie et d'anatomie ;
  • les objets pour collections présentant un intérêt historique, archéologique, paléontologique ou ethnographique ;
  • les collections et spécimens pour collections présentant un intérêt numismatique.

À l'occasion d'une mise à jour de sa base documentaire, l'administration fiscale indique clairement que les cartes à collectionner, comme les cartes « Pokémon », ne constituent pas des « objets de collection » dès lors qu'elles ne répondent pas aux critères établis par la réglementation communautaire.

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03/04/2024

Facturation électronique : un point sur l'immatriculation des plateformes de dématérialisation partenaires

Dans le cadre de la réforme de la facturation électronique, les entreprises vont pouvoir choisir entre le portail public de facturation et une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP). Pour pouvoir devenir une PDP, une plateforme doit être immatriculée par l'administration fiscale. Avec le report de l'entrée en vigueur de cette réforme, certains aménagements relatifs à l'immatriculation des PDP étaient nécessaires. Focus.

Plateformes de dématérialisation partenaires : des aménagements « temporaires »

Pour émettre, transmettre ou recevoir leurs factures électroniques, les entreprises peuvent choisir de recourir au portail public de facturation ou de passer par une autre plateforme de dématérialisation partenaire (PDP).

Pour pouvoir être qualifiée de PDP, la plateforme doit être immatriculée par l'administration fiscale. Pour obtenir cette immatriculation, l'opérateur de plateforme devra non seulement prouver qu'il respecte ses obligations fiscales (en termes de déclaration et de paiement), mais également déposer un dossier de candidature, par voie électronique, comprenant de nombreuses informations, comme :

  • son numéro Siren pour les opérateurs établis en France ; pour les autres, un document équivalent à l'extrait d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés de moins de 3 mois ;
  • un document précisant les moyens mis en œuvre pour garantir la protection des données personnelles ;
  • une attestation de certification ISO/IEC/27001 en cours de validité pour son système d'information ;
  • une documentation technique décrivant les dispositifs d'authentification des utilisateurs, d'envoi et de réception des factures électroniques, etc.

Le calendrier de déploiement de la réforme de la facturation électronique ayant été modifié, certains aménagements relatifs à l'immatriculation des PDP viennent d'être publiés.

Ainsi, il est expressément prévu que pour les demandes déposées avant la mise à disposition de l'environnement de test du portail public de facturation, la PDP peut obtenir son numéro d'immatriculation sous réserve de produire ultérieurement les comptes-rendus de tests techniques.

Dans cette hypothèse, ces documents devront être fournis à l'administration dans un délai de 3 mois à compter de la mise à disposition de l'environnement de test.

Notez que cette mise à disposition sera rendue publique sur le site internet de l'administration. Elle en informera également les opérateurs de PDP concernés.

Une fois les comptes-rendus déposés, l'administration disposera d'un délai de 2 mois pour constater leur validité. Si ces documents ne permettent pas d'établir l'interopérabilité de la plateforme avec le portail public de facturation et une autre PDP, l'opérateur sera informé de l'expiration de la validité de son numéro d'immatriculation.

Cette décision prendra effet au terme d'un délai de 2 mois à compter de sa notification.

De même, l'opérateur se verra retirer son numéro d'immatriculation s'il ne produit pas les comptes-rendus de tests techniques dans le délai imparti. Là encore, cette décision prendra effet au terme d'un délai de 2 mois à compter de sa notification.

Pour finir, il est important de préciser que ce régime « transitoire » est applicable aux demandes d'immatriculation présentées avant le 27 mars 2024 et qui n'ont pas encore donné lieu à immatriculation.

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01/04/2024

Espace de coworking : bureau ou local commercial ? Telle est la question !

Une société loue des espaces de travail à ses clients, à qui elle propose également des prestations de services de type hôtelier. Considérant que ces espaces, de moins de 2 500 m², sont des « locaux commerciaux », elle estime être exonérée de la taxe sur les bureaux. « Des bureaux et non des locaux commerciaux !», conteste l'administration fiscale, ce qui change tout. À tort ou à raison ?

Taxe sur les bureaux : fiscalement, c'est quoi un espace de coworking ?

Parce qu'elle exerce une activité de mise à disposition d'espaces de travail (espaces de coworking) à Paris, une société se voit réclamer le paiement de la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement perçue dans la région Ile-de-France.

Une erreur selon la société qui estime être exonérée de cette taxe. Et pour cause, dans le cadre de son activité, elle fournit non seulement des espaces de coworking à ses clients, mais aussi différentes prestations de services de type hôtelier : accueil et conciergerie, standard et réception du courrier, accès à des évènements sociaux et professionnels, services de bien-être.

Partant de là, les locaux litigieux sont des « locaux commerciaux ». Et parce que leur surface est inférieure à 2 500 m², elle peut bénéficier de l'exonération prévue en pareil cas par la loi.

Mais l'administration considère au contraire que les locaux loués aux clients sous forme d'espaces de travail sont des bureaux… Et non des locaux commerciaux…

Elle relève, en effet, que ni la description des prestations offertes à la clientèle ni le contrat de prestations de service conclu avec les clients, ni les conditions générales de vente ne permettent de conclure que les prestations de type hôtelier constitueraient l'activité principale de la société.

Par conséquent, l'administration considère que l'activité de mise à disposition de bureaux est l'activité principale de la société, qui doit bien payer la taxe réclamée.

Ce que confirme le juge : les locaux litigieux étant principalement utilisés pour un usage de bureau, ils doivent être taxés comme tels !

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29/03/2024

Droit de communication des Douanes : on en sait plus !

Dans le cadre de son « droit de communication », l'administration des Douanes peut obtenir des informations auprès d'un certain nombre de personnes listées par la loi. Ce droit a récemment été élargi aux « informations relatives à des personnes non nommément désignées », mais un décret était nécessaire pour en préciser les modalités. Il vient d'être publié. Que faut-il en retenir ?

Droit de communication des Douanes : un élargissement encadré

Pour rappel, le droit de communication permet à l'administration douanière de prendre connaissance de documents de toute nature pour établir l'assiette de l'impôt et lutter contre la fraude.

Ce droit de communication est encadré par la loi qui prévoit, notamment, la liste des personnes qui peuvent y être soumises. Les agents habilités des Douanes peuvent, par exemple, exiger la communication de certains documents des gares de chemin de fer, des locaux des compagnies aériennes, des concessionnaires d'entrepôts, docks et magasins généraux, des destinataires et expéditeurs des marchandises, etc.

Afin de renforcer l'efficacité de la lutte contre la fraude, ce droit de communication a été élargi aux « informations relatives à des personnes non nommément désignées ». Cela permet, notamment, d'obtenir des listes de clients, de fournisseurs, d'utilisateurs, etc.

Les modalités d'application de cet « élargissement » viennent d'être publiées.

Qui peut exercer ce droit de communication ?

Seuls les agents des Douanes ayant au moins le grade de contrôleur peuvent effectuer cette procédure, à condition d'avoir un ordre écrit d'un agent ayant au moins le grade d'inspecteur. Cet ordre doit d'ailleurs être présenté aux personnes concernées par la mise en œuvre de cette prérogative.

La demande de l'administration douanière

Dans sa demande de communication, l'administration doit mentionner :

  • la nature de la relation juridique ou économique existant entre la personne soumise au droit de communication et la ou les personnes dont l'identification est demandée ;
  • la ou les informations demandées, précisées par l'un au moins des critères de recherche suivants :
    • la nature de la transaction ou du flux ;
    • la situation géographique ;
    • le seuil, pouvant être exprimé en quantité, en nombre, en fréquence ou en montant financier ;
    • le mode de paiement ;
  • la période sur laquelle porte la recherche, éventuellement fractionnée, mais ne pouvant excéder 24 mois au total.
Les informations recueillies

La personne sollicitée dispose d'un délai, fixé par l'administration, pour envoyer les informations demandées via un support informatique.

Notez que ces informations seront conservées pendant 3 ans à compter de leur réception, à moins qu'une procédure devant le juge ne soit enclenchée. Dans ce cas, elles seront conservées jusqu'à l'expiration de toutes les voies de recours.

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27/03/2024

Déduction de TVA : plutôt 2 fois qu'une ?

Une SCI déduit la TVA que lui a facturée sa société mère pour des prestations de direction et de contrôle général de travaux. Une déduction remise en cause par l'administration fiscale, qui estime qu'une partie de la TVA déduite correspond à des prestations ayant déjà donné lieu à déduction. À tort ou à raison ?

Déduction de TVA : quand la réalité des prestations facturées fait débat !

Une société civile immobilière (SCI) achète un terrain en vue de la construction d'un programme immobilier.

Elle conclut avec sa société mère un marché de maîtrise d'œuvre d'exécution et un marché de contrat général pour la réalisation de ce programme.

Ensuite, la SCI paie les factures émises par la société mère dans le cadre de ces 2 contrats et déduit la TVA correspondante… Ce que refuse en partie l'administration fiscale qui lui réclame alors un supplément de TVA.

« Pourquoi ? », s'interroge la SCI qui rappelle qu'étant soumise à la TVA, elle peut déduire la taxe qu'elle a payée comme la loi l'y autorise.

Sauf que cette TVA, déduite en partie à tort, ne correspond pas à de réelles prestations, conteste l'administration.

Et pour preuve, les missions de direction et de contrôle général des travaux facturées par la société mère dans le cadre du marché de maîtrise d'œuvre d'exécution correspondent à des missions identiques à celles facturées dans le cadre du marché de contractant général.

Une « double » facturation qui a mené à une « double » déduction de TVA non autorisée, estime l'administration.

« Faux ! », conteste à son tour la SCI : les missions confiées dans le cadre du 1er marché sont bel et bien différentes de celles confiées dans le cadre du 2nd marché.

Pour prouver ce qu'elle avance, elle fournit une liste des missions définies dans le cadre de chacun des marchés, précise les intervenants dédiés à chacune d'elles et produit un organigramme opérationnel du programme immobilier.

Sauf que les 2 contrats listent des missions similaires rédigées en des termes strictement identiques et ayant donné lieu à une double facturation, tranche le juge. En outre, les factures ne permettent pas de distinguer clairement la nature des prestations facturées.

Par conséquent, la SCI n'apportant aucune justification quant à la réalité des prestations facturées à la fois dans le 1er marché et dans le 2nd marché, le redressement fiscal ne peut qu'être validé.

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25/03/2024

Reconstitution de chiffre d'affaires : quand l'administration compare ce qui est (in)comparable…

Une société qui exploite un restaurant fait l'objet d'un contrôle fiscal qui aboutit au rejet de sa comptabilité, jugée non probante par l'administration. Cette dernière va alors reconstituer son chiffre d'affaires pour déterminer son résultat imposable en suivant une méthode de calcul... contestée par les restaurateurs… À tort ou à raison ?

Une méthode non pertinente ? Ça reste à prouver !

Un restaurant voit sa comptabilité déclarée non probante par l'administration fiscale à l'issue d'un contrôle : selon elle, de nombreuses irrégularités ne permettent pas de s'assurer de l'exhaustivité des recettes.

Elle procède alors à la reconstitution de son chiffre d'affaires grâce à une méthode… contestable selon les restaurateurs, qui refusent de payer les suppléments d'impôt réclamés.

La méthode en cause ? Se fonder sur un coefficient moyen correspondant au rapport du chiffre d'affaires sur les achats revendus, coefficient déterminé par comparaison avec celui de 4 autres restaurants ayant une activité identique et situés à proximité.

Ce coefficient est ensuite appliqué à la valeur des achats de marchandises du restaurant.

Une méthode que contestent les restaurateurs : l'administration ne tient pas compte de la consommation du personnel et des pertes ou de l'usage d'alcool pour les sauces.

Par ailleurs, elle utilise un coefficient déterminé par comparaison avec 4 autres restaurants qui n'ont pas le même modèle économique. Un manque de précision et de cohérence de nature à rendre inexacte la reconstitution du chiffre d'affaires effectuée par l'administration !

Sauf que les 4 autres restaurants en question sont, à l'instar du restaurant contrôlé, des restaurants qui proposent une cuisine traditionnelle. Des comparables cohérents selon l'administration, qui rappelle en outre que les irrégularités présentes dans la comptabilité ne permettent pas de se fonder sur les propres données internes du restaurant.

Enfin, le coefficient retenu tient bien compte des consommations perdues ou offertes.

Faute de proposer une méthode d'évaluation alternative et d'apporter la preuve de l'absence de pertinence de la reconstitution effectuée par l'administration, la méthode employée est parfaitement valable, tranche le juge, qui valide le redressement.

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19/03/2024

Impôt sur les sociétés : quand une société paie (et déduit) des prestations « fantômes »…

Une SAS déduit de ses résultats imposables des prestations de services facturées par une société tierce. Des prestations manifestement « fictives », selon l'administration, qui refuse toute déduction fiscale et réclame à la SAS un supplément d'impôt sur les sociétés… À tort ou à raison ?

Dépenses déductibles : où est votre intérêt ?

Une société par actions simplifiée (SAS) qui exerce une activité d'édition et de distribution d'articles de papeterie conclut une convention de prestations de services avec une société tierce qu'elle détient en partie.

Parce que cette convention porte sur des prestations d'assistance en matière de direction administrative et financière, d'organisation générale, de contrôle budgétaire, de suivi des contrats nationaux concernant la bureautique et l'imprimerie, de relations publiques et de développement stratégique, la SAS déduit les rémunérations qu'elle verse dans ce cadre à la société tierce de ses résultats imposables à l'impôt sur les sociétés (IS), comme la loi l'y autorise.

« Des prestations fantômes ! », conteste l'administration qui constate que les prestations en cause ne correspondent, en réalité, à aucune prestation réelle. Partant de là, leur déduction fiscale ne peut qu'être refusée.

« Faux ! », conteste à son tour la SAS, qui maintient sa position : les prestations sont réelles et les sommes versées en contrepartie sont déductibles.

Et pour preuve, elle fournit notamment des attestations de ses cadres qui indiquent avoir bénéficié de l'appui de la société tierce dans leurs fonctions.

« Insuffisant », selon l'administration qui relève que la SAS dispose, en interne, des ressources lui permettant de réaliser elle-même les prestations couvertes par la convention dès lors qu'elle emploie un directeur administratif et financier, une directrice des ressources humaines, un directeur commercial, une directrice informatique et une directrice marketing.

Ce que confirme le juge : rien ne prouve ici que les prestations facturées par la société tierce sont réelles. À l'inverse, tout prouve que la société dispose des moyens lui permettant de les exécuter elle-même. Partant de là, puisque rien ne justifie que ces sommes sont engagées dans l'intérêt de la SAS, le redressement est justifié !

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14/03/2024

Crédit d'impôt au titre des investissements dans l'industrie verte : c'est (vraiment) parti !

Si la loi de finances pour 2024 a créé le crédit d'impôt au titre des investissements dans l'industrie verte (C3IV), il manquait encore quelques détails pour sa parfaite application. Ils sont connus !

C3IV : la Commission européenne valide !

Pour rappel, la loi de finances pour 2024 a créé un nouveau crédit d'impôt au titre des investissements dans l'industrie verte (C3IV), qui profite à certaines entreprises industrielles et commerciales.

Comme pour beaucoup d'aides de l'État, la Commission européenne devait, au préalable, confirmer la conformité du dispositif avec le droit de l'Union européenne. C'est maintenant le cas ! Par conséquent, le C3IV entre pleinement en vigueur le 14 mars 2024.

Les entreprises qui souhaitent bénéficier de cet avantage fiscal ont donc jusqu'au 31 décembre 2025 pour déposer leurs projets. Pour rappel, le Gouvernement avait permis les dépôts de projets dès octobre 2023 afin d'optimiser les délais.

Enfin, notez que la liste des équipements, composants essentiels et matières premières utilisés dans le cadre des activités contribuant à la production de batteries, de panneaux solaires, d'éoliennes ou de pompes à chaleur éligibles au C3IV est maintenant disponible ici.

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11/03/2024

Acte anormal de gestion : à qui profite le crime ?

Une SCI de construction-vente, détenue en partie par une société tierce, vend un bien immobilier à un associé de cette société tierce. Une vente consentie à un prix minoré estime l'administration, qui y voit là un « acte anormal de gestion », ce qui lui permet de taxer personnellement l'associé… à sa grande surprise…Pourquoi ?

Vente à un prix anormal = acte anormal de gestion = taxation personnelle de l'acheteur ?

Une SCI ayant une activité de construction-vente fait construire un ensemble immobilier comprenant 4 immeubles puis vend un appartement, un garage et une cave situés dans un de ces immeubles à l'associé d'une société tierce, elle-même associée de la SCI.

Une vente qui attire l'œil de l'administration fiscale selon qui le prix de vente est anormalement bas par rapport à la valeur vénale des biens immobiliers en cause.

Une opération constitutive d'un « acte anormal de gestion », ce qui lui permet de réévaluer le prix de vente et de rectifier l'impôt sur le revenu de l'associé : pour elle, en achetant ce bien à un prix inférieur à la valeur vénale réelle, l'associé a bénéficié d'un avantage occulte constitutif d'une distribution de bénéfices… Et doit donc être imposé en conséquence !

Pour mémoire, un « acte anormal de gestion » est un acte par lequel une entreprise décide de s'appauvrir à des fins étrangères à son intérêt ce qui, sur le plan fiscal, est sanctionnable.

Dans cette affaire, l'administration fiscale détermine la valeur vénale de l'appartement, de la cave et du garage en comparant leur vente à 3 autres ventes consenties par la SCI auprès de particuliers portant sur des appartements présentant une taille et des caractéristiques identiques, situés dans le même bâtiment.

Sauf que cette méthode par comparaison est contestable, rétorque l'associé qui constate que l'administration n'a pas tenu compte d'autres ventes que la SCI a réalisé dans le même ensemble immobilier au profit d'une société HLM.

Sauf qu'il faut comparer ce qui est comparable, ironise l'administration. Si la SCI a effectivement réalisé d'autres ventes dans le même ensemble immobilier, celles consenties à la société HLM concernent des logements sociaux, vendus en bloc, destinés à la location, et ne présentant pas les mêmes caractéristiques que l'appartement litigieux, et cela change tout…

Mais si « acte anormal de gestion » il y a, encore faut-il prouver l'existence d'une intention libérale au profit de l'acheteur, insiste l'associé, ce que l'administration n'a pas fait.

Et pourtant… Parce que l'acheteur n'est autre que l'associé d'une société, elle-même associée de la SCI, il est clairement établi que vendeur et acquéreur sont liés par une relation d'intérêts laquelle permet de présumer l'intention d'octroyer et de recevoir une libéralité, rappelle l'administration.

Ce que confirme le juge : puisque l'administration apporte la preuve que la SCI a vendu l'appartement, la cave et le garage à un prix inférieur à leur valeur vénale et que l'intention libérale était bel et bien présumée, tout est réuni pour qualifier l'opération d'« acte anormal de gestion ».

Le redressement fiscal est donc parfaitement justifié !

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06/03/2024

Établissements sociaux et médico-sociaux : une exonération de taxe d'habitation ?

Pour rappel, la taxe d'habitation n'est plus applicable aux résidences principales des particuliers. En revanche, elle reste en vigueur pour certains établissements privés gérant des services sanitaires, sociaux et médico-sociaux. Une situation problématique, selon un député…

Exonération de taxe d'habitation : ça dépend !

Les établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS) permettent d'accueillir des personnes qui ne sont pas assez autonomes pour rester seules. Mais alors que les ESMS publics sont exonérés de taxe d'habitation, il en va différemment pour les ESMS privés à but non lucratif.

Une situation paradoxale, selon un député, qui rappelle que les ESMS privés remplissent pourtant les mêmes missions d'accueil pour un public identique et avec les mêmes financements que les établissements publics. Aussi, il lui semblerait plus juste d'étendre la suppression de la taxe d'habitation à ces structures.

Ce que refuse le Gouvernement : la suppression de la taxe d'habitation est un allègement fiscal à destination des ménages pour leur résidence principale… donc un allégement qui concerne les résidents de ce type d'établissement dès lors qu'ils ont la jouissance privative d'un logement.

Ensuite, la taxe d'habitation n'est due que pour les locaux meublés conformément à leur destination, occupés à titre privatif par les associations, sociétés, etc., et non retenus pour l'établissement de la cotisation foncière des entreprises (CFE). Autrement dit, si un local est imposé au titre de la CFE, il échappera, de fait, à la taxe d'habitation.

Enfin, le Gouvernement rappelle que les établissements privés sans but lucratif qui accueillent des personnes âgées dépendantes sont déjà exonérés de la taxe d'habitation en raison des obligations supportées. Ils bénéficient donc du même « traitement fiscal » que les établissements publics d'assistance.

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06/03/2024

Régime « mère-fille » : attention aux faux départs !

Parce qu'elle estime remplir toutes les conditions pour bénéficier du régime « mère-fille », une société ne soumet à l'impôt sur les sociétés qu'une infime partie des dividendes qu'elle reçoit de ses filiales. Sauf que le régime de faveur des « sociétés mères » n'est pas applicable ici, conteste l'administration fiscale… Pourquoi ?

Régime « mère-fille » : attention au point de départ du délai de conservation des titres !

Parce qu'elle estime pouvoir bénéficier du régime de faveur des « sociétés mères », une société ne soumet à l'impôt sur les sociétés qu'une partie des dividendes qu'elle reçoit de ses filiales.

Mais à l'occasion d'un contrôle, l'administration fiscale remet en cause l'application du régime « mère-fille » et réclame à la société un supplément d'impôt au titre des dividendes qui ont, à tort, échappé à la taxation.

Sauf que le régime « mère-fille » est bel et bien applicable ici, conteste la société estimant remplir toutes les conditions requises.

« Pas exactement ! », maintient l'administration, qui rappelle que l'application de ce régime de faveur suppose, notamment, que :

  • les titres que possède la société mère au sein de ses filiales doivent être des titres de participation ;
  • les titres doivent être détenus pendant au moins 2 ans s'ils représentent au moins 5 % de la filiale émettrice.

Toutes les conditions sont donc réunies, s'étonne la société : elle détient plus de 5 % de ses filiales, les titres qu'elle possède sont des titres de participation et sont détenus depuis plus de 2 ans.

« Faux ! », répond l'administration, qui constate que la condition liée aux 2 ans de détention n'est pas remplie ici.

Et pour preuve :

  • la fondatrice de la société a fait un apport en nature des titres qu'elle détenait dans d'autres sociétés au profit de la société mère au moment de sa création ;
  • la société a été immatriculée au registre du commerce et des sociétés en août d'une année N ;
  • les titres qu'elle possédait dans ses filiales ont été vendus en mai N+2.

Partant de là, les titres n'ont été détenus que pendant 1 an et 10 mois. Insuffisant pour bénéficier du régime « mère-fille », insiste l'administration.

Sauf que le délai de 2 ans ne débute pas à compter du jour de l'immatriculation de la société, mais au jour de la signature des statuts, conteste la société.

Et dans cette affaire :

  • un engagement d'apport de titres a été signé par la fondatrice en avril de l'année N et a été annexé aux statuts, signés le même jour ;
  • les statuts prévoient en outre, que les actes accomplis au nom de la société en formation sont repris à son nom à compter de son immatriculation et que cette reprise emporte effet rétroactif de l'apport de titres en avril de l'année N.

Partant de là, les titres ont été détenus 2 ans et 4 mois. Condition satisfaite pour bénéficier du régime « mère-fille », insiste la société.

« À tort ! », tranche le juge qui rappelle que dans le cadre d'un apport en nature de titres, le transfert des droits au profit de la société bénéficiaire ne peut avoir lieu que lorsque la société acquiert la personnalité morale, soit à compter de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés.

Par ailleurs, l'engagement d'apport de titres ne constitue pas un acte accompli au nom de la société en formation, mais un acte accompli pour la constitution de la société.

La date de signature de l'engagement et des statuts est sans incidence pour déterminer le point de départ du délai de conservation des titres, délai qui n'est donc pas respecté ici.

Par conséquent, le régime « mère-fille » n'est pas applicable, conclut le juge.

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