Actu juridique

Bandeau général
22/07/2025

Blessures et homicide routiers : de nouveaux délits pour sanctionner les comportements dangereux

En 2024, les accidents de la route ont causé 233 000 blessés, soit 0,8 % de moins qu'en 2023, et entraîné 3 190 décès, contre 3 167 en 2023. Si la tendance de l'accidentalité routière reste à la baisse ces dernières années, une loi vient tout de même d'être adoptée afin de prendre en compte les recommandations du Comité interministériel de la sécurité routière (CISR). Que faut-il en retenir ?

Délits : mieux nommer pour mieux sanctionner

Création de 3 nouveaux délits

Depuis le 11 juillet 2025, le Code pénal s'est enrichi de 3 nouveaux délits : l'homicide routier et les blessures routières, déclinées en 2 catégories, applicables lorsque l'accident routier est dû à une conduite délibérément dangereuse, bien que dénuée de volonté de nuire à autrui.

Ces nouveaux délits ont 2 objectifs :

  • d'une part, ces nouveaux termes permettent de ne plus qualifier « d'involontaires » ces accidents afin de donner plus de considération aux victimes et à leur famille ;
  • d'autre part, ces délits peuvent donner lieu, sous conditions, à des peines plus sévères que celles applicables aux homicides et blessures involontaires.

L'homicide routier est donc défini comme le fait pour un conducteur de causer la mort d'autrui sans intention de la donner avec une des caractéristiques aggravantes suivantes :

  • une violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la réglementation ;
  • un état d'ivresse manifeste ;
  • un refus d'un contrôle alcoolémique ou d'un test salivaire ;
  • une consommation de stupéfiants ;
  • une consommation détournée ou manifestement excessive d'une ou plusieurs substances psychoactives ;
  • la conduite sans permis ou avec un permis annulé, invalidé, suspendu ou retenu ;
  • un excès de vitesse égal ou supérieur à 30 kilomètres à l'heure par rapport à la vitesse maximale ;
  • un délit de fuite ou une non-assistance à personne en danger ;
  • un refus d'obtempérer ;
  • une utilisation d'un téléphone portable au volant ou d'écouteurs ;
  • un rodéo urbain.

Concrètement, un conducteur ayant eu de ces comportements sera condamné pour homicide routier et non homicide involontaire. Les peines ne seront alors pas différentes (7 ans de prison et 100 000 € d'amende).

En revanche, en cas de cumul d'au moins 2 circonstances aggravantes, le conducteur encourra jusqu'à 10 ans de prison et 150 000 € d'amende.

Cette logique est appliquée au délit de blessures routières, divisé en 2 hypothèses :

  • les blessures routières ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 3 mois ;
  • les blessures routières ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) inférieure ou égale à 3 mois.

Ainsi, en cas de blessures causées par un conducteur avec une circonstance aggravante, le terme de « blessures routières » s'applique, mais les peines encourues sont identiques à celles sanctionnant l'atteinte involontaire, à savoir :

  • 5 ans de prison et 75 000 € d'amende en cas de blessures ayant entraîné une ITT supérieure à 3 mois ;
  • 3 ans de prison et 45 000 € d'amende en cas de blessures ayant entraîné une ITT inférieure ou égale à 3 mois.

En présence de plusieurs circonstances aggravantes, les peines encourues sont alors de :

  • 7 ans de prison et 10 000 € d'amende en cas de blessures ayant entraîné une ITT supérieure à 3 mois ;
  • 5 ans de prison et 75 000 € d'amende en cas de blessures ayant entraîné une ITT inférieure ou égale à 3 mois.

Notez que, concernant les blessures routières occasionnant une ITT de 3 mois ou moins, le délit de fuite n'est pas listé parmi les circonstances aggravantes.

Informations des victimes

Dans le cadre d'un procès, si le conducteur ou le parquet fait appel de la décision du juge, la partie civile en sera automatiquement informée.

Elle aura ainsi la possibilité, même si elle n'a pas fait appel, d'être entendue à l'occasion du nouveau procès.

Excès de vitesse de plus de 50 km/h

Au plus tard le 31 décembre 2025, un excès de vitesse de 50 km/h ou plus par rapport à la vitesse maximale constituera un délit, puni de 3 mois d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende.

Il s'agit ici d'un durcissement des règles puisqu'un tel excès de vitesse constitue, jusqu'à présent, une contravention. Seule une récidive constitue un délit.

Notez que le paiement d'une amende forfaitaire délictuelle de 300 € sera possible pour régler le délit et éteindre toute action publique.

Récidives, peines complémentaires : quelle articulation ?

Peines complémentaires

Les peines complémentaires déjà en vigueur pour les homicides et atteintes involontaires sont applicables aux homicides routiers et aux blessures routières.

La liste des peines complémentaires est disponible ici.

Certaines peines complémentaires seront automatiques. Ainsi, pour l'homicide routier et les blessures routières entraînant une ITT de plus de 3 mois, le permis du conducteur condamné sera annulé. De plus, il ne pourra pas repasser le permis pendant une période de 5 à 10 ans.

En cas de récidive, cette interdiction de repasser le permis sera de 10 ans, voire définitive.

Retrait du permis

En cas d'accident corporel de la circulation, s'ils estiment que le conducteur n'est pas en état de conserver son permis de conduire, les forces de l'ordre peuvent retenir son permis de conduire.

Le conducteur devra obligatoirement suivre un examen médical, à ses frais, pour récupérer son permis. Si l'examen conclut à une inaptitude à la conduite, le préfet peut suspendre le permis de conduire pour un an maximum.

Le fait de ne pas se soumettre à cet examen médical ou de ne pas respecter le retrait du permis décidé par le préfet est puni de 2 ans d'emprisonnement et de 4 500 € d'amende.

Durcissement des peines

Les peines sanctionnant la conduite sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants ont été durcies.

Par exemple, les peines sanctionnant la conduite sous l'emprise de l'alcool sont passées de 2 à 3 ans d'emprisonnement et de 4 500 € à 9 000 € d'amende.

La peine complémentaire de suspension du permis passe de 3 ans maximum à 5 ans maximum, de même que l'interdiction de solliciter un nouveau permis en cas d'annulation.

Récidives

Pour rappel, il existe une liste d'infractions assimilées en cas de récidive. La loi élargit cette liste aux infractions suivantes :

  • le refus de restituer un permis de conduire ;
  • la conduite malgré une injonction de restituer le permis de conduire après la perte de la totalité des points ;
  • la conduite malgré une interdiction de conduire ;
  • la conduite un véhicule non équipé d'un éthylotest anti-démarrage malgré une interdiction de conduire ;
  • le refus de se soumettre à un dépistage de stupéfiants.

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21/07/2025

Autorisations de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques : quelques nouveautés

En parallèle de la loi dite « Duplomb » visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur, qui n'a pas encore été promulguée, le Gouvernement a apporté des modifications à la procédure d'autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques qui relève de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Lesquelles ?

Produits phytopharmaceutiques : une liste des usages avec peu ou pas d'alternatives

Pour rappel, les produits phytopharmaceutiques ou phytosanitaires sont des produits utilisés pour :

  • protéger les végétaux ou les produits végétaux contre tous les organismes nuisibles ;
  • exercer une action sur les processus vitaux des végétaux ;
  • assurer la conservation des produits végétaux ;
  • détruire les végétaux ou les parties de végétaux indésirables ;
  • ralentir ou prévenir une croissance indésirable des végétaux.

Pour pouvoir être utilisés en France, ces produits doivent au préalable faire l'objet d'une autorisation de mise sur le marché (AMM), délivrée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

Une AMM est temporaire. De plus, elle peut être modifiée, renouvelée ou retirée.

Depuis le 11 juillet 2025, le ministre chargé de l'agriculture a la possibilité d'attirer l'attention de l'Anses sur certains produits.

En effet, il peut établir la liste des usages ayant pour objet de lutter contre des organismes nuisibles ou des végétaux indésirables affectant de manière significative le potentiel de production agricole et alimentaire et contre lesquels les moyens de lutte sont inexistants, insuffisants ou susceptibles de disparaître à brève échéance.

Le ministre doit, avant de prendre un arrêté listant ces usages, demander l'avis de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement. De plus, sa liste est limitée à 15 % des usages répertoriés dans le catalogue national des usages phytopharmaceutiques.

Si cette liste n'a pas d'impact sur le travail de l'Anses dans ses arbitrages, l'agence doit tout de même en tenir compte dans le calendrier d'examen des demandes d'autorisation, de modification, de renouvellement ou de retrait d'un produit sur le marché.

Les reconnaissances mutuelles des PPP dans l'Union européenne

Les pays membres peuvent mettre en place des règles plus strictes que celles prévues par l'Union européenne (UE).

Ainsi, une autorisation délivrée dans un pays ne vaut pas nécessairement pour les autres. Les États peuvent refuser un produit sur leur territoire s'ils jugent qu'il présente un risque pour la santé humaine, animale ou l'environnement.

Il existe néanmoins une demande d'AMM au titre de la reconnaissance mutuelle. Le Gouvernement en a précisé les modalités.

Dans le cadre de l'examen d'une telle demande, l'Anses doit ainsi tenir compte des circonstances agronomiques, phytosanitaires, environnementales et climatiques du territoire national et qui, de fait, n'ont pas été prises en compte dans l'évaluation effectuée par l'État membre ayant autorisé le produit.

Cette prise en compte se fait de manière très concrète en autorisant le produit mais sous conditions ou restrictions. L'Anses peut également exclure certains territoires de cette autorisation.

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18/07/2025

Établissements de santé : un nouveau financement en faveur de la cybersécurité

Les établissements de santé sont amenés à traiter des données extrêmement sensibles au sujet de leurs patients. Cela fait d'eux des cibles de choix pour des personnes malintentionnées. C'est pourquoi un nouveau programme de financement est mis en place pour les accompagner dans leurs démarches de prévention et leur capacité de réaction…

PCRA : savoir anticiper et réagir aux attaques cyber

Les données personnelles liées à la santé des patients font partie des données les plus sensibles et doivent faire l'objet d'une protection particulièrement renforcée.

C'est pourquoi il est nécessaire que les établissements de santé mettent en place des mesures de prévention particulièrement efficaces et soient prêts à réagir efficacement en cas d'attaques.

Afin de les accompagner dans ce processus, un nouveau plan de financement est mis en place pour les aider à mettre en place et à développer des plans de continuité et de reprise d'activité (PCRA). Ce financement pourra être attribué aux établissements de santé publics et privés par l'Agence du numérique en santé (ANS).

Les établissements éligibles au financement sont ceux qui :

  • disposent d'une autorisation à jour, délivrée par l'ARS de rattachement, leur permettant d'exercer en tant qu'établissement de santé ;
  • ont déclaré une activité PMSI non nulle en termes de séjours hospitaliers en 2022 ;
  • possèdent un identifiant FINESS juridique, dont la catégorie FINESS est comprise dans les valeurs suivantes : 1101, 1102, 1103, 1104, 1106, 1107, 1109, 1110, 1111, 1201, 1203, 1205, 2205 ; - possèdent un identifiant FINESS géographique, dont la catégorie FINESS est comprise dans les valeurs suivantes : 101, 355, 292, 131, 106, 109, 362, 122, 128, 129, 365, 156, 161, 366, 412, 415, 425, 430, 444, 127, 141, 146, 114, 115, 697.

Ils doivent satisfaire à 2 prérequis avant de pouvoir demander le financement :

  • disposer d'une politique de sécurité des systèmes d'information (PSSI) formalisée et à jour ;
  • décrire l'organisation prévue pour la mise en œuvre du PCRA. Les différents objectifs qui devront être poursuivis grâce à ces financements sont détaillés ici (en annexe).

Les demandes de financement seront ouvertes du 2 septembre 2025 au 31 octobre 2025 sur la plateforme eCaRE.

L'enveloppe totale de ce programme s'élèvera à 45 millions d'euros.

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17/07/2025

Pass'sport : il repart pour une année de plus

Créé en 2021, le Pass'sport est depuis reconduit annuellement. Pas d'exception pour 2025/2026 : le dispositif est de retour… Aux mêmes conditions ?

Pass'sport : faciliter l'inscription aux activités sportives

Pour rappel, le dispositif « Pass'Sport » a été créé en 2021 pour inciter les jeunes à s'inscrire dans des associations sportives. Reconduit chaque année, ce sera encore le cas pour la saison 2025/2026.

Il prend la forme d'une réduction de 70 € sur les frais d'adhésion ou de licence, ce qui correspond à une augmentation par rapport à l'année passée pour laquelle la réduction était de 50 €.

Peuvent en bénéficier les personnes remplissant au moins une des conditions suivantes au 31 décembre 2025 : 

  • être âgé de 14 à 17 ans révolus et bénéficier au titre de l'année 2024 ou 2025 de l'allocation de rentrée scolaire ;
  • être âgé de 6 à 19 ans révolus et bénéficier au titre de l'année 2024 ou 2025 de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé ;
  • être âgé de 16 à 30 ans et bénéficier au titre de l'année 2024 ou 2025 de l'allocation aux adultes handicapés.

Peuvent également en bénéficier les personnes remplissant une des conditions suivantes au 15 octobre 2025 :

  • être un étudiant âgé au plus de 28 ans révolus et bénéficier d'une bourse d'enseignement supérieur sous conditions de ressources attribuée ou financée par l'État ou d'une aide annuelle accordée par les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires ;
  • être un étudiant âgé au plus de 28 ans révolus en formation initiale et bénéficier d'une aide annuelle sous conditions de ressources, dans le cadre des formations sanitaires et sociales.

Pour bénéficier du Pass'sport, il sera nécessaire d'adhérer ou de prendre une licence entre le 1er septembre 2025 et le 31 décembre 2025 auprès des structures suivantes :

  • les associations sportives et structures affiliées aux fédérations sportives agréées, à l'exclusion des fédérations scolaires ;
  • les associations sportives agréées SPORT, non affiliées à une fédération agréée ;
  • les associations proposant ou organisant une activité sportive et agréée JEP ;
  • les entités proposant ou organisant une activité sportive, de loisir ou non, ayant un but lucratif et relevant de l'un des codes de la nomenclature des activités françaises (NAF) suivants :
    • 9311Z : gestion d'installations sportives ;
    • 9312Z : activités clubs de sports ;
    • 9329Z : autres activités récréatives et de loisirs ;
    • 9313Z : activités des centres de culture physique ;
    • 8551Z : enseignement de disciplines sportives et d'activités de loisirs ;
    • 6420Z : activités des sociétés holding.

Ces structures peuvent d'office appliquer la réduction de 70 € à leurs frais d'adhésion et en demander le remboursement auprès des services du ministère chargé des sports avant le 31 décembre 2025.

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16/07/2025

Recyclage et élimination des sous-produits animaux : une nouvelle réglementation disponible

Les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) sont soumises à une réglementation stricte en fonction des spécificités de leurs activités. Le Gouvernement a établi un cadre réglementaire précis pour les abattoirs et les structures chargées de l'élimination ou du recyclage des carcasses et des déchets animaux.

ICPE d'élimination et de recyclage de carcasses : éviter les nuisances et pollutions

Le Gouvernement a posé le cadre applicable aux installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) ayant des activités :

  • d'élimination ou de recyclage de carcasses ou de sous-produits animaux (3650) ;
  • de traitement des eaux résiduaires (3710) pour lesquelles la charge polluante principale provient d'une ou plusieurs installations de la rubrique 3650.

Cette réglementation se caractérise par un travail de définitions disponible ici.

Parmi les règles applicables, l'exploitant de l'ICPE devra prendre les dispositions nécessaires pour prévenir les risques de pollution accidentelle de l'air, des eaux ou des sols et pour limiter les risques de nuisances de son activité, tant dans la conception, la construction que dans l'exploitation des installations.

Un travail de documentation et de conservation des données, notamment en cas de contrôle, doit également être effectué. Ainsi, par exemple, un schéma de tous les réseaux et un plan des égouts devront être établis et mis à jour par l'exploitant. Ils seront mis à disposition de l'inspection ICPE et des services d'incendie et de secours.

Le plan des réseaux d'alimentation et de collecte devra faire notamment apparaître :

  • l'origine et la distribution de l'eau d'alimentation ;
  • les dispositifs de protection de l'alimentation ;
  • les secteurs collectés et les réseaux associés ;
  • les ouvrages de toutes sortes (vannes, compteurs, etc.) ;
  • les ouvrages d'épuration interne, les points de surveillance et les points de rejet de toute nature.

Notez que cette réglementation est applicable aux nouvelles installations dès leur mise en service.

Pour les installations existantes, les dispositions relatives aux meilleures techniques disponibles entreront en vigueur le 19 décembre 2027.

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16/07/2025

Bail de réhabilitation : lancement de l'expérimentation

Pour des raisons de sécurité ou de salubrité, les propriétaires d'immeubles peuvent se voir contraints de réaliser des travaux de réparations importants. Des travaux qui peuvent s'avérer trop coûteux : une solution est donc désormais proposée pour les propriétaires qui ne souhaiteraient pas assumer cette charge…

Habitat indigne : déléguer la remise en état

La loi relative à l'accélération et à la simplification de la rénovation de l'habitat dégradé de 2024 prévoyait la mise en place d'un bail à réhabilitation.

Une expérimentation va pouvoir être menée pendant 5 ans au sujet de ce type de bail, maintenant que toutes les informations à son sujet ont été publiées.

Pour rappel, le propriétaire d'un bien immeuble peut se voir contraint de réaliser certains travaux pour des raisons de sécurité ou de salubrité. Cela peut être le cas lorsqu'il faut remédier aux situations suivantes :

  • les risques présentés par les murs, bâtiments ou édifices quelconques lorsqu'ils n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants ou des tiers ;
  • le fonctionnement défectueux ou le défaut d'entretien des équipements communs d'un immeuble collectif à usage principal d'habitation, lorsqu'il est de nature à créer des risques sérieux pour la sécurité des occupants ou des tiers ou à compromettre gravement leurs conditions d'habitation ou d'utilisation ;
  • l'entreposage, dans un local attenant ou compris dans un immeuble collectif à usage principal d'habitation, de matières explosives ou inflammables, lorsqu'il est en infraction avec les règles de sécurité applicables ou de nature à créer des risques sérieux pour la sécurité des occupants ou des tiers ;
  • l'insalubrité de l'immeuble.

Les travaux nécessaires pouvant s'avérer couteux et chronophages, certains propriétaires peuvent rechigner à s'en charger. C'est pourquoi le bail de réhabilitation est proposé.

Le propriétaire peut en effet donner à bail son bien à : 

  • un organisme d'habitations à loyer modéré ;
  • une société d'économie mixte dont l'objet est de construire ou de donner à bail des logements ;
  • un organisme de foncier solidaire ;
  • un organisme bénéficiant de l'agrément relatif à la maitrise d'ouvrage.

L'organisme auquel le bail est confié s'engage à réaliser les travaux d'amélioration nécessaires sur l'immeuble dans un temps déterminé.

Il aura ensuite la charge de mettre le bien en location pendant la durée du bail de réhabilitation qui est conclu pour une durée minimale de 12 ans.

À l'issue du bail, le propriétaire récupère son bien, les améliorations faites entre temps lui bénéficiant sans indemnisation.

Les préfets doivent publier, par arrêté, une liste des organismes volontaires pour conclure des baux de réhabilitation.

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15/07/2025

Automobile : de nouvelles précisions sur les démarches d'immatriculation des véhicules

Pour rappel, les professionnels de l'automobile peuvent obtenir une habilitation permettant de réaliser des démarches d'immatriculation et d'obtention de la carte grise pour le compte d'un particulier. Les modalités pour obtenir cette habilitation ont été précisées par le Gouvernement, qui en a profité pour assouplir les formalités en matière de certificat WW. Faisons le point.

Certificat provisoire d'immatriculation (CPI) WW : quelques précisions

Pour rappel, le certificat provisoire d'immatriculation (CPI) est un document provisoire qui permet de circuler en France en attendant de recevoir le certificat d'immatriculation définitif.

Un CPI WW permet, quant à lui, à certains véhicules de circuler en France et à l'étranger, sous réserve de l'accord de l'État en question.

Il est notamment délivré pour les véhicules :

  • achetés neufs ou d'occasion à l'étranger dont le dossier de demande d'immatriculation est incomplet ou en cours d'examen ;
  • neufs ou d'occasion destinés à l'exportation ;
  • neufs vendus complétés ou incomplets aux fins de carrossage.

Le Gouvernement a apporté des modifications à la procédure de demande du CPI WW, qui entreront en vigueur au 1er août 2025.

Comme indiqué plus haut, le CPI WW peut, actuellement, être délivré pour les véhicules achetés neufs ou d'occasion à l'étranger et dont le dossier de demande d'immatriculation est incomplet ou en cours d'examen. À compter du 1er août 2025, le cas du dossier incomplet ne permettra plus la délivrance d'un CPI WW.

La liste des pièces justificatives à transmettre pour les véhicules neufs et d'occasion importés a été assouplie. En effet, certaines pièces ne sont pas obligatoires lorsqu'elles ne sont pas encore disponibles, à savoir :

  • le justificatif de conformité pour les véhicules neufs et d'occasion importés en attente d'une réception à titre isolé ou d'une attestation de reconnaissance ;
  • le justificatif de visite ou de contrôle technique pour les véhicules d'occasion importés soumis au contrôle technique visant à les conformer aux exigences de la réglementation ;
  • le justificatif fiscal pour les véhicules neufs et d'occasion importés, à condition de produire la preuve de la demande de justificatif fiscal.

Professionnels de l'automobile habilités : un cadre plus précis

Pour rappel, il est possible pour les professionnels de l'automobile de télétransmettre les déclarations des usagers au système d'immatriculation des véhicules (SIV). Ils télétransmettent ainsi aux pouvoirs publics les informations concernant les pièces administratives exigées pour la circulation des véhicules ou affectant leur disponibilité.

Le Gouvernement a précisé les conditions de cette habilitation, ainsi que les obligations qui en découlent.

Notez que, de la même manière que pour le CPI WW, les modifications entreront en vigueur le 1er août 2025.

Une définition du professionnel de l'automobile est à présent posée. Ainsi, ce terme désigne « une entité juridique exerçant, à titre principal et de manière effective, une activité professionnelle directement liée à la construction, à l'aménagement, à l'importation, à la réparation, à l'achat et à la vente, au financement, à la location ou à la destruction de véhicules automobiles ou remorqués ».

La règlementation précise les conditions, listées ici, pour obtenir cette habilitation. Ces conditions visent, notamment, le casier judiciaire, l'existence d'un local commercial, la stabilité de l'activité, etc. Sont également listées ici les pièces justificatives à fournir.

Si l'habilitation est accordée, le préfet établit avec le professionnel une convention d'habilitation, valable 3 ans et renouvelable tacitement, qui permet de préciser, notamment, ses obligations et les conditions de télétransmission, notamment en matière de sécurité des données.

Ainsi, il est à présent précisé que le professionnel habilité devra archiver les pièces justificatives constituant le dossier d'immatriculation sous format dématérialisé sécurisé, et d'une qualité suffisante pour assurer l'authenticité des documents.

Cet archivage devra être réalisé au moyen d'un coffre-fort numérique conforme aux normes de sécurité en vigueur et qui permet un accès en consultation à distance par les services publics.

Au terme d'une durée de 5 ans, les dossiers d'immatriculation archivés devront être détruits par le professionnel.

Cette habilitation peut être retirée par les pouvoirs publics en cas :

  • de non-respect des conditions et obligations à la charge du professionnel habilité ;
  • de changement, notamment d'adresse ou de dirigeant de l'entreprise, qui n'est pas signalé au préfet dans un délai de 15 jours ;
  • de négligence ;
  • de démarche frauduleuse.

Pour les signataires de conventions d'habilitation antérieures au 1er août 2025, un avenant devra être mis en place d'ici le 31 juillet 2026, sous peine de se voir retirer son habilitation.

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11/07/2025

Esthétique : interdiction du TPO au 1er septembre 2025

L'oxyde de diphényl triméthylbenzoyl phosphine (TPO) est une substance chimique utilisée pour favoriser le durcissement des systèmes d'ongles artificiels sous la lumière UV. Autorisé jusqu'alors pour les professionnels, ce produit va être interdit le 1er septembre 2025. Dans quelles conditions ?

Produits contenant du TPO (oxyde de diphényl triméthylbenzoyl phosphine) = interdits à la rentrée !

Pour rappel, l'oxyde de diphényl triméthylbenzoyl phosphine (TPO) est une substance utilisée dans les produits pour ongles artificiels.

Ce produit est, jusqu'à présent, autorisé uniquement pour un usage professionnel et dans une proportion de concentration maximale de 5 %.

Parce qu'elle a été classée comme nocive pour la santé, et plus précisément jugée comme étant toxique pour la reproduction, cette substance sera, à partir du 1er septembre 2025, purement et simplement interdite.

Cette interdiction ne prévoit aucun délai supplémentaire pour l'écoulement des stocks de produits sur toute la chaîne de production (fabricants, commerçants, professionnels, etc.).

Très concrètement, il sera donc interdit :

  • de mettre sur le marché des produits cosmétiques contenant du TPO ;
  • de mettre à disposition ces produits, y compris à des professionnels ;
  • d'utiliser ces produits.

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11/07/2025

Pratiques anticoncurrentielles : un gentlemen's agreement sur le recrutement

Par principe, la concurrence entre les différents acteurs d'un marché doit rester libre. Pour autant, afin de garantir un marché où chacun doit avoir sa chance, certaines règles existent afin d'empêcher les pratiques déloyales. Et c'est notamment le cas en matière de recrutement…

Des accords verbaux imprécis créateurs de risques

Dans un marché qui se veut libre, la concurrence entre les acteurs d'un secteur se met en place naturellement.

Cependant, plusieurs acteurs pourraient être tentés d'adopter des pratiques déloyales pour conserver leurs avantages et s'assurer une place de choix dans ce marché.

Afin de maintenir une libre concurrence, plusieurs règles existent et l'Autorité de la concurrence peut être amenée à sanctionner les entreprises pour lesquelles la tentation aura été trop forte…

Un exemple récent a mis en évidence des pratiques qui peuvent exister en matière de recrutement dans des marchés en tension.

En effet, l'Autorité a pu se pencher sur des accords qui liaient plusieurs entreprises des secteurs de l'ingénierie, du conseil en technologies et des services informatiques.

Ces secteurs connaissent une forte tension en termes d'emploi et de main-d'œuvre qualifiée qui peut constituer un atout stratégique pour une entreprise.

Ainsi, des mouvements de personnels trop importants peuvent s'avérer handicapants pour une société qui, d'une part, perd alors des compétences précieuses et, d'autre part, risque de voir le coût d'une telle main-d'œuvre augmenter, celle-ci préférant généralement aller vers le plus offrant.

Dans ce contexte, il a été porté à la connaissance de l'Autorité de la concurrence l'existence d'accords entre plusieurs entreprises du secteur.

Ces accords passés sous la forme de gentlemen's agreements, c'est-à-dire de façon non écrite, avaient pour effet de garantir que chacune des parties à l'accord s'abstiendrait de recruter du personnel issu des effectifs des autres parties.

Les différents accords identifiés s'appliquaient sans durée de validité et portaient sur le non-recrutement de profils stratégiques tant pour le débauchage que pour des candidatures spontanées.

L'Autorité de la concurrence a considéré que ces accords constituaient des ententes anticoncurrentielles, notamment du fait de leur application non limitée dans le temps et dans l'espace.

Elle note la particulière gravité de ces pratiques en ce qu'elles ont également affecté des collaborateurs en limitant leurs perspectives d'évolution et de mobilité professionnelle.

Les entreprises concernées ont été sanctionnées par des amendes dont les montants cumulés s'élèvent à 29 500 000 €. Il leur a également été demandé de publier des informations relatives à la décision de l'Autorité sur leurs réseaux sociaux et dans la presse spécialisée.

Il est important de noter qu'en parallèle, l'Autorité a décidé de ne pas prendre de sanction contre ces entreprises pour des clauses de non-sollicitation aux effets semblables aux accords précédents, insérées dans des contrats de partenariat.

Il est précisé que, dans ces cas précis, ces clauses ne constituaient pas des pratiques anticoncurrentielles au regard des limitations claires de leur application temporelle et matérielle et des objectifs poursuivis.

En revanche, l'Autorité précise bien qu'il ne s'agît pas ici d'un blanc-seing pour l'utilisation de ces clauses. Une appréciation au cas par cas est nécessaire et des sanctions pourraient tout de même être prises à l'avenir dans d'autres dossiers.

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10/07/2025

Aide juridictionnelle : de plus en plus dégressive ?

Les personnes faisant appel à des avocats peuvent, en fonction de leurs revenus, bénéficier de l'aide juridictionnelle, qui est une aide versée par l'État pour rémunérer les professionnels. Une aide totale qui réduira pour les avocats lorsqu'ils représentent plusieurs parties dans une même affaire…

Plusieurs clients = moins d'aide juridictionnelle ? 

L'aide juridictionnelle permet d'obtenir une participation de l'État pour la rémunération des avocats. 

Elle est accordée en fonction des revenus du client de l'avocat et peut être totale ou partielle. 

La part versée par l'État est appelée la part contributive. 

Face au constat que cette part contributive constitue une charge importante pour l'État, notamment lors de grands procès dans lesquels un même avocat représente un nombre important de parties, une dégressivité de la part contributive en fonction du nombre de clients représentés a été mise en place. 

Ces règles de dégressivité évoluent comme suit. Lorsqu'un avocat est désigné pour représenter plusieurs clients dans une procédure reposant sur les mêmes faits en matière pénale ou dans un litige reposant sur les mêmes faits et comportant des prétentions ayant un objet similaire dans les autres matières, la part contributive est réduite de : 

  • 30 % dès le 2e client ;
  • 40 % dès le 3e client ;
  • 50 % dès le 4e client ;
  • 60 % du 5e au 20e client ;
  • 70 % du 21e au 30e client ;
  • 80 % du 31e au 50e client ;
  • 90 % dès le 51e client. 

Ces nouvelles règles seront applicables pour toutes les affaires pour lesquelles le bénéfice de l'aide juridictionnelle sera accordé à compter du 1er aout 2025.

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09/07/2025

Bien-être animal : une réglementation détaillée

Le Gouvernement a arrêté les règles applicables aux activités en lien avec des animaux de compagnie d'espèces domestiques, en matière sanitaire et de bien-être animal. Quelles sont les grandes lignes ?

Bien-être animal : des règles communes et particulières

Sont visées les activités liées aux animaux de compagnie d'espèce domestiques, à savoir :

  • la gestion d'une fourrière ;
  • la gestion d'un refuge ou d'une association sans refuge ;
  • l'élevage de chiens ou de chats ;
  • la garde, le transit, l'éducation et le dressage de chiens ou de chats à titre commercial ;
  • la vente et la présentation au public des animaux de compagnie d'espèces domestiques à titre commercial.

Notez que ces activités doivent être exercées à la fois dans le respect de dispositions générales, mais également de règles spécifiques, en fonction du secteur et des animaux (chiens, chats, furets, lapins, rongeurs, oiseaux et poissons), dont voici un rapide exposé.

Déclaration

Tous les opérateurs exerçant des activités liées aux chiens, chats et furets, y compris les éleveurs de chats et de chiens qui ne vendent pas plus d'une portée par an, doivent se déclarer au registre des opérateurs détenant des carnivores domestiques.

Il en va de même pour les associations de protection animale qui doivent renseigner des informations sur les familles d'accueil.

Notez que cette déclaration sur le registre vaut, pour les professionnels exerçant des activités en lien avec des chiens, des chats ou des furets, déclaration au préfet, déjà exigée jusqu'alors.

Pour les professionnels exerçant des activités avec des animaux de compagnies autres que les chiens, chats et furets, la déclaration auprès du préfet doit passer par le Cerfa no 15045.

Attention, cette déclaration n'entrera en vigueur qu'à partir du 1er janvier 2026 pour les activités liées aux chiens, aux chats et aux furets de vente et de transit à titre commercial, d'éducation, de dressage et de présentation au public.

Dans ce cas, en attendant, il convient d'utiliser le Cerfa no 15045.

Notez que la déclaration doit être renouvelée en cas de :

  • changement d'exploitant ou de responsable de structure ;
  • modification de la nature de l'activité ;
  • changement des espèces détenues ;
  • modification affectant de façon substantielle les conditions d'hébergement des animaux, y compris le changement de vétérinaire sanitaire désigné.
Bien-être animal

Afin d'assurer le bien-être animal, des règles communes ont été instaurées afin de prévoir une liste de critères à respecter par les établissements, notamment :

  • protéger les animaux des conditions climatiques excessives, des sources de contamination, de blessures, de nuisances et de stress ;
  • répondre aux besoins biologiques, physiologiques et comportementaux des espèces et races détenues ;
  • permettre une maîtrise de la reproduction ;
  • prévenir la fuite des animaux ;
  • faciliter les opérations de nettoyage et de désinfection ;
  • permettre la mise en œuvre de bonnes pratiques d'hygiène en prévenant les sources de contamination et en évitant les contaminations croisées, notamment en respectant le principe de la marche en avant dans l'espace et / ou dans le temps ;
  • faciliter par leur agencement l'observation des animaux.

Des règles d'hygiène et de sécurité doivent également être respectées (système de détection et de lutte contre les incendies, stockage de la nourriture, conditions d'hygiène, local dédié aux soins, etc.).

Ce cadre commun est ensuite enrichi par les règles applicables en propre à chaque espèce.

Par exemple, les chiens doivent avoir la place de se mouvoir sans gêne ni entrave, étant entendu que la taille minimale de leur espace doit tenir compte du gabarit de l'animal.

De même, les chats doivent disposer de plateforme en hauteur pour leur permettre de s'isoler ou de disposer de poste d‘observation ; les lapins et les rongeurs doivent disposer d'éléments à ronger ; les oiseaux doivent disposer de perchoirs ; les poissons doivent disposer d'aquarium propres, filtrés avec des matériaux non toxiques, etc.

Règlement sanitaire

Pour rappel, le Gouvernement avait établi l'obligation pour le responsable de l'activité, avec l'aide d'un vétérinaire sanitaire, d'établir un règlement sanitaire pour poser le cadre des conditions d'exercice de l'activité afin de préserver, d'une part, la santé et le bien-être des animaux en fonction de leur espèce et, d'autre part, la santé publique et l'hygiène du personnel.

Les modalités concrètes de ce règlement sont à présent connues et disponibles ici.

Registres

À partir du 1er janvier 2029, les entrées et les sorties des animaux devront être renseignées dans un registre mis à disposition par le fichier national d'identification des chiens, chats et furets. Concernant les autres animaux, le support est libre.

Il comportera les informations de l'animal, ainsi que des données propres aux entrées et sorties et, le cas échéant, à son espèce. La liste est disponible ici.

En attendant, le registre doit être tenu sans support pré établi qui doit être côté, tenu sans blanc, ni rature, ni surcharge.

De même, il doit être mis en place et tenu à jour un registre de suivi sanitaire et de santé des animaux, dont le contenue est détaillé ici.

Ces informations, concernant les chiens, chats et furets, devront, à partir du 1er janvier 2027, être transmis au fichier national.

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09/07/2025

Étudiants en médecine : faciliter l'accès au cursus

La lutte contre les déserts médicaux est permanente pour garantir un meilleur accès aux soins sur l'ensemble du territoire. A ce sujet, des évolutions sont proposées au niveau du cursus universitaire des futurs médecins…

Nouvelle modification du nombre d'étudiants admissibles en deuxième année de médecine

Mis en place en 1971, le numerus clausus limitait le nombre d'étudiants admis en études de médecine à partir de la deuxième année.

Ce système a été largement critiqué et pointé du doigt comme une des causes ayant entrainé l'apparition de déserts médicaux.

C'est pourquoi il a été supprimé en 2019 avec la mise en place d'un numerus apertus qui prévoyait la fixation d'un nombre d'étudiants admissibles en fonction, dans un premier temps, des capacités d'accueil de l'université et, dans un second temps, des besoins en santé du territoire concerné.

Cette évolution a permis une augmentation significative des inscriptions en études de médecine.

Cependant, pour le Gouvernement il apparait nécessaire d'aller encore plus loin.

C'est pourquoi un nouveau changement est proposé. Dorénavant, le critère principal pour fixer le nombre d'étudiants admissibles sera celui des besoins en santé du territoire concerné, calculé selon les départs en retraites récents et les estimations des départs en retraite à venir des médecins exerçant sur le territoire.

Les capacités d'accueil et de formation de l'université ne seront prises en compte qu'à titre subsidiaire.

Si les capacités d'accueil de l'université s'avèrent insuffisantes, les agences régionales de santé (ARS) et les conseils territoriaux de santé concernés exigent d'elle de prendre des mesures pour améliorer ses capacités.

Vers un retour des étudiants français partis à l'étranger ?

Les règles du numerus clausus ayant poussé au fil des années de nombreux étudiants français à tenter leur chance à l'étranger, le Gouvernement a décidé d'ouvrir la porte à un possible retour de ces derniers dans les universités françaises.

Si les conditions et modalités de ces retours doivent toujours être fixées, il est précisé que cela concernera les étudiants inscrits en médecine dans un État membre de l'Union européenne, dans un État partie à l'accord sur l'Espace Économique Européen, dans la Confédération suisse et dans la Principauté d'Andorre.

Des passerelles pour les autres professionnels de santé

Afin d'augmenter le nombre de médecins disponibles sur le territoire, il est également prévu que des plateformes soient mises en place pour permettre aux professionnels paramédicaux de reprendre des études adaptées et accompagnées de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique.

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